Chibi or not Chibi... la question a de plus en plus de sens (en particulier pour qui ne connaît pas Japan Expo), tant il est vrai que Chibi Japan Expo (devenu en abrégé Chibi J.E.) s'est imposé, en deux éditions seulement, comme un festival majeur de la culture et des loisirs japonais.
Pour sa deuxième édition donc, Chibi J.E. a investi l'intégralité de la Halle Marcel Dufriche à Montreuil (93), du sous-sol au dernier étage, un choix pleinement justifié par l'affluence du public, très nombreux tant dans les allées des deux niveaux principaux que dans la salle de spectacles du sous-sol, au point qu'on a pu voir des gens tenter d'échapper à l'étouffement en fuyant par les égouts !
Mais gardons-nous de tout mettre au compte d'un défaut d'organisation, car il y avait bien d'autres raisons de fuir quand on considère la faune interlope de cosplayeurs et autres free-hugueurs qui hantait les lieux, à l'affût de nouvelles victimes (et on ne parle même pas des nuées de photographes, guettant de tous côtés en embuscade) !
Fatale erreur, cependant, de se sauver quand on pouvait assister, sans supplément de prix, aux concerts J-Rock de JAM Project, groupe japonais né de l'association des plus grands chanteurs de génériques d'animés de ces vingt dernières années, et de Jelly Beans, duo féminin visible aussi en dédicace sur le stand ASLAN, ainsi qu'au concert de Wadei Nara, jeune et talentueuse chanteuse franco-cambodgienne (élégamment habillée par KAWAïKO).
Les amoureux du Japon traditionnel n'ont pas été oubliés, et ont pu apprécier plusieurs spectacles de grande qualité : les tambours japonais (les fameux taiko, ou wadaiko) du groupe Makoto, les chants populaires traditionnels (Minyô) de l'Ensemble Sakura (Nobuko MATSUMIYA et Emiko OTA) et les danses traditionnelles (Nihon Buyô) présentées par Yûko FUJIMA.
Deux étages plus haut, sur les espaces 'Conférences' et 'Dédicaces' du niveau 1 (qui regroupait la plupart des stands proposant des activités) des invités prestigieux étaient attendus : Bow DITAMA, le mangaka qui a dessiné Mahoromatic, Kiss X, etc., ainsi que l'acteur-cascadeur Kenji OBA, inoubliable incarnation de X-OR ('Le shérif, shérif de l'espace... X-OR !').
Au même niveau, tandis que se déroulaient quasi sans interruption des démonstrations et des cours d'initiation aux arts martiaux (Shinkendo, karaté, Shorinji Kempo...), une aimable guerre des gangs opposait, à coups de carrés de papier, Tengumi et le Clan Takeda, titulaires chacun d'une table d'origami.
Dans le même temps, la discipline connexe du Kirigami réunissait anciens et modernes sur le stand de l'association Sakura Shiroi.
Plusieurs petits événements étaient fêtés sur ce même niveau, dont le 25e anniversaire de la série animée Les Mystérieuses Cités d'Or, sur le stand-exposition de l'association Enfants du Soleil, qui publie un magazine et organise des voyages culturels sur des thèmes tirés de sa série fétiche, ainsi que la naissance de l'association Objectif Costumes, qui présentait sa première exposition, fruit du travail de ses photographes et cosplayeurs.
A l'étage en-dessous (le niveau 0, nettement orienté 'commerce'), parmi les nouveautés présentes sur de nombreux stands, on a aimé le jeu de figurines Monsterpocalypse (distribué par Playfactory) dans lequel des Kaiju (monstres du style Godzilla) envahissent la ville, et le jeu de cartes Bakugan, comportant aussi des monstres (les Bakugan) innocemment dissimulés sous la forme de billes qu'on fait rouler et qui se déploient soudain en s'arrêtant sur une carte. Dans la catégorie Presse, saluons aussi la parution du 1er numéro de Made in Japan (novembre 2008), le nouveau magazine de la Japan Culture (en vente chez tous les bons marchands de journaux), édité par Tokyo Arena.
Pour le reste, côté 'professionnels', TVHLAND proposait tout le matériel nécessaire aux mangaka en herbe ou confirmés, Asian Dolls ses poupées en bois peint made in Japan (les kokeshi), et sur le stand de la boutique japonaise Yodoya, qui regorgeait de mignons petits objets (poupées, crayons, foulards, bonbons, grues porte-bonheur, etc.), on pouvait aussi attraper de petits poissons.
Le quartier des 'amateurs' du niveau 0 réservait aussi d'agréables surprises, à commencer celle de voir les artistes à l'oeuvre : Charlene confectionnant sur le stand WabiSabi Designs ses cartes et petits objets décoratifs à base d'origami ; l'équipe de Pandaka Studio et ses sketchbooks, ses cartes, ses dessins sur commande.
Tout au bout du niveau 0, avant l'escalier menant à la salle de spectacle du sous-sol, la mode avait son quartier, dénommé 'Village Jeunes Créateurs', regroupant la plupart des plus jolies boutiques du salon, entre autres : Je veux les mêmes (bijoux, bijoux), Imperatrix, LA spécialiste du serre-taille, ainsi que les vêtements by mutation, Happy Princess et Ailleurs. KAWAïKO était aussi sur le salon, en avant-garde près de l'entrée principale.
Ce sont trois de ces dernières boutiques, Happy Princess, by mutation, et Ailleurs, qui exhibaient leurs collections le vendredi soir dans un magnifique défilé de mode sur la scène du sous-sol.
Tant qu'on est à parler de mode, celle du cosplay ne faiblit pas, bien au contraire, et ce sont deux superbes spectacles d'une heure trente chacun qui ont enchanté les yeux des visiteurs samedi et dimanche après-midi, avec plus de 150 personnages d'univers imaginaires aux costumes réalisés avec ingéniosité et talent par les cosplayeurs eux-mêmes.
Pour finir, un petit mot sur une célébration discrète mais importante, le lancement du 10e anniversaire de Japan Expo dans le salon VIP du dernier étage, présenté par le président-fondateur Jean-François DUFOUR et ses associés, lors d'un pot amical dans le salon VIP du dernier étage.
Et voilà , le festival est déjà terminé. Les derniers visiteurs s'éloignent, sans une pensée pour ceux qui devront tout ranger, mais la tête pleine de souvenirs et de rêves dans l'attente des prochain rendez-vous, la première de Chibi J.E. Sud (à Marseille du 20 au 22 février 2009) et Japan Expo en juillet prochain pour un étourdissant 10e anniversaire !