C'est à nouveau à la Cité des Sciences et de l'industrie (Paris, Porte de la Villette) que G.A.M.E. in Paris a établi ses quartiers pour une 3e édition placée sous le signe de l'abondance. Encore plus de stands et d'activités, comment tout voir en un seul jour (le dimanche) ? Mission impossible, et pas seulement à cause des programmes qui n'étaient présentés que le samedi (la 'DS in Paris' géante, plus grande réunion de joueurs de Nintendo DS jamais organisée à Paris, le 'Cosplay in Japan', la projection intégrale du film 'Fullmetal Alchemist : Conqueror of Shamballa', pour ne parler que des plus gros événements).
On s'est donc résigné à délaisser totalement l'espace jeu, mais... passée l'entrée et les vitrines de la Good Smile Company pleines de jolies figurines en résine, il restait encore les trois niveaux de l'espace manga, trop fertiles en bonnes surprises et en rencontres passionnantes pour qu'on puisse imaginer s'arrêter partout.
Le stand de l'association Kayuki (qui aime le Japon tout entier et fait se côtoyer, entre autres, la calligraphie, le dessin de manga, la cuisine et les jeux vidéo) exposait aussi des figurines mais dans le pur style des traditions japonaises. Dans le domaine de l'animation japonaise, Dybex, pour fêter ses dix ans, s'était offert un stand qu'on ne povait pas manquer. Un peu plus loin, le cosplay fêtait aussi ses dix ans grâce à la Cosplay Factory, qui avait monté une exposition des plus belles photos de cosplay, sélectionnées par un large panel de cosplayeurs patentés. On a aussi pu faire connaissance avec Mugenji, une association de jeunes dessinateurs et scénaristes qui travaillent en équipe, à la japonaise, et n'ambitionnent pas moins que de publier un magazine dans le style de 'Shonen' (un numéro promotionnel devrait être présenté lors de l'Epitanime 2007, affaire à suivre, donc).
C'est au plus bas du salon (niveau -3) que les deux poids lourds de l'animation, Tengumi et le Clan Takeda, avaient établi leurs quartiers. Tengumi proposait comme à l'accoutumée ses magnifiques dessins sur T-Shirt, réalisés au pochoir, méthode 100% artisanale, garantie sans exploitation du travail d'enfants ni d'une main d'oeuvre immigrée non déclarée, puisque d'un bout à l'autre, tant les artistes qui créent les pochoirs que ceux qui transfèrent les dessins sont des bénévoles, heureux et fiers de l'être, et qu'en plus, c'est gratuit ! A côté de cela, Tengumi, c'était aussi toutes sortes d'animations, des jeux (Ramen Pas Ta Fraise, Dans ton QCM, Fan Quest, etc.), du karaoké, quasi sans interruption dans une des salles du même niveau -3 ou dans l'amphi Louis Armand.
Côté
Clan Takeda,
on n'était pas en reste, dans un registre plus classique mais non moins captivant. Outre les traditionnelles initiations
au jeu de Go, on pouvait y découvrir le Xiang Qi (les échecs chinois, Co Tuong en vietnamien), dérivé du même jeu
indien antique qui est à l'origine de notre jeu d'échecs, ou encore le Dou Shou Qi (parfois nommé Xou Dou Qi),
jeu de stratégie appelé Jeu de la Jungle en français, faisant s'affronter différents animaux (éléphants, lions,
tigres, rats...) sur un damier parsemé de pièges, rivières ou tanières.
Activité à la fois manuelle et intellectuelle, l'origami était présenté sur le stand du
Clan Takeda
par un authentique magicien du papier,
Michel Charbonnier, capable de réaliser, en une seule feuille de
papier plus ou moins grande, les animaux les plus divers en miniature ou en taille réelle (à commencer par la célèbre
grue de Hiroshima). Egalement une de ses spécialités, la fabrication de
lampes 'origami' 100% originales, comme celle qui éclairait son bureau (autres modèles à découvrir
sur son site internet
ou dans sa boutique du Forum des Halles).
Le musicien Wang Li, qui s'est fait une spécialité des musiques traditionnelles des montagnes chinoises,
à l'abri des influences modernes, exposait ses instruments exotiques et donnait un concert chaque jour sur l'espace
du Clan.
Fatigué de marcher, de rester debout ? Le
Clan Takeda
mettait à la disposition du public sa bibliothèque asiatique, inaugurée à Japan Expo et sponsorisée par les
Editions Philippe Picquier
(plus gros éditeur français du Japon et d'Asie : culture, poésie, essais et récemment manga). Au calme également,
on pouvait s'attarder à admirer la performance des jeunes artistes membres et amis du collectif strasbourgeois WK,
transcrivant sur les murs ou le sol, chacun dans son style, le souvenir de Goldorak (retrouver des nouvelles de
quelques-uns de ces artistes :
Nikosan,
Ogrrr (Diktateur du WK),
Heuqueville,
Playmoo,
Face Cachée,
Triple 1,
Numéro9).
Toujours au niveau -3, ce dimanche, la salle Louis Armand (450 places presque toujours occupées) a été le théâtre d'une succession de programes de qualité.
Organisée par le Clan Takeda, une conférence au titre évocateur, 'La France, l'autre pays du Japon' se proposait d'éclaircir, autour de M. Le Ministre YAMADA Fumihiko, directeur du service culturel de l’Ambassade du Japon en France, et de quelques hôtes de marque, les mystères des liens culturels qui unissent la France au Japon (à commencer par le manga, dont la France est le premier consommateur mondial en dehors du Japon), et de la fascination réciproque (mais non identique) qui s'est exercée et s'exerce encore par-delà les milliers de kilomètres qui nous séparent, donnant lieu à une véritable mythification de l'autre (d'où, fréquemment, un choc lorsqu'on le découvre sous sa vraie nature lors d'un voyage).
Après ces débats trop courts, un demi-cercle de dessinateurs s'est livré à une joute aimable, baptisée Manga Arena, au cours de laquelle une tablette graphique a circulé de l'un à l'autre pour former petit à petit un dessin unique sur le grand écran.
Puis est venu le moment du cosplay, un double cosplay de deux heures organisé par la Cosplay Factory), qui a fait défiler des personnages seuls puis des groupes sur le thème 'Games in USA', et pendant lequel notre photographe a pris des risques énormes, à quelques centimètres seulement de créatures monstrueuses ! Heureusement, le Capitaine Flam et sa douce amie Johann, tout en présentant ce cosplay, étaient là pour veiller à la sécurité et au bon ordre (merci, Nicolas et Blondine !), sans oublier la présence, dans le jury, de Red Néoprène, leader des Cosplay Rangers.
Un peu plus tard, Orient-Extrême a clos cet après-midi de spectacle avec son KARAOKE SHOW (dont le concept était né à la précédente édition de G.A.M.E. in Paris). Après une introduction énergique et sexy par le groupe TR4CKS sur 'Selfish' de Kumi Koda, Pucca et Eric ont présenté une douzaine de candidats venus interpréter (en costumes s'il vous plaît) les grands succès de la J-Pop sous l'oeil d'un public conquis. Le concert s'est achevé par le joyeux cours de danse de TR4CKS auquel une partie du public a participé sur la scène, au rythme de 'Koi no bushiage tengoku', un détourenement parodique à la sauce Dance de 'Dragostea Din Tei' (O-Zone) et 'Chihuahua (DJ Bobo).
Rendez-vous à la prochaine édition de G.A.M.E. in Paris, que les organisateurs ont annoncée encore plus grande et plus belle, avant même le début de la présente, pour les 14 et 15 avril 2007 !