De la passion, il en a fallu à tous les amoureux du cosplay, ainsi qu'une certaine dose de foi, pour se déplacer des six coins de l'hexagone et même d'au-delà de nos frontières jusqu'à l'Espace Champerret (Paris, porte de Champerret) pour la première édition d'une convention dont personne n'avait entendu parler voilà six mois seulement.
De la passion et de la foi, il en a fallu aussi à la bande de jeunes (inconscients, diraient certains, tant on en a vu se casser les dents sur de semblables projets) qui, à peine montée leur association Paris Cosplay, se sont lancés tête baissée dans l'aventure. Alors évidemment, il se trouvera toujours des grincheux pour dire que tout ce qui avait été projeté et annoncé sur les affiches n'a pas été réalisé, que la convention n'était pas 100% cosplay comme promis, mais on ne pourra pas oublier cet enthousiasme et ce désir de bien faire qu'on y a rencontrés.
Les 1600 m² modestement loués présentaient l'avantage d'être assez vite parcourus, d'autant que les stands étaient relativement clairsemés, mais l'affluence était telle au coeur de la journée que, mutatis mutandis, il était presque aussi malaisé de circuler qu'à Japan Expo. Pour continuer sur les stands, un petit nombre était réellement consacré au cosplay, comme Love Cosplay, Japan Attitude et Maesy, où l'on pouvait trouver des costumes tout faits ou des accessoires (lentilles de contact spéciales, gants, chapeaux, etc.).
Sur le stand Meeko Make Up, où oeuvrait une troupe de jeunes professionnels ou futurs professionnels de la coiffure et du maquillage, il était possible de se faire le look de son personnage ou de son style préféré, tout en lisant, peut-être, le dernier numéro de Made in Japan, ou en dégustant quelques produits du stand L'Univers du Bonbon.
Les autres stands, comme L'Antre du Lord, La Fée détraquée ou Petits BOUUUHH de fimo étaient plus axés sur la mode que sur le cosplay, sans pour autant faire fausse note, tant on est habitué à les voir dans les autres salons et conventions japanophiles.
On a aussi retrouvé avec plaisir l'association ORGAMES et une partie de ses jeux musicaux, Just Dance, Dance Central et Dance Dance Revolution. Au fond du hall, un vaste espace barricadé permettait aux va-t-en guerre-pour-de-faux de se livrer à des combats d'Airsoft.
Mais tout cela semblait finalement bien secondaire, on était venu avant tout pour le cosplay. Pour les concours, une vaste scène en T était dressée dans une galerie attenante au hall C et le public, malgré un aménagement peu favorable de l'espace qui lui était dévolu, était bien présent. Consciente du problème, l'équipe organisatrice a modifié, le dimanche, la place du jury, et les premiers rangs du public ont pu s'asseoir à terre, permettant ainsi à ceux qui étaient derrière de mieux profiter du spectacle. Merci à l'association Epic, qui a géré les concours, et à ses membres, aux petits soins avec les cosplayeurs, jusqu'à accepter de prendre des risques avec des personnages peu recommandables : ligoté à une chaise pour être livré à un sadique avéré, l'un de ces membres héroïques a même été bâillonné avec un Pitch aux pépites de chocolat, c'est tout dire !
Le samedi, dans un premier concours, intitulé Rôle Cosplay, les cosplayeurs étaient interrogés sur leur personnage, et le public pouvait aussi poser ses questions, des plus sérieuses aux plus fantaisistes, histoire de tester le sens de la répartie des candidats, jamais à court d'idée pour amuser le public, en particulier Jack Sparrow et un Necromanger, qui se sont livrés à une poursuite épique terminée à l'avantage du pirate des Caraïbes.
Deux autres concours ont eu lieu, un par jour, plus traditionnels mais non moins plaisants, grâce à un niveau relativement élevé des prestations et des costumes (au sens propre, il y avait du beau linge), et grâce à leur diversité aussi, puisqu'il y fut question, entre autres, d'art culinaire avec Sally et son panier pique-nique, de sport gymnique avec Chihiro, sans oublier une grande et inénarrable histoire d'amour entre Lumière et Babette.
Temps forts de ces deux journées, les concours ne furent pourtant qu'une toute petite partie du plaisir cosplayesque, tant il est vrai que nous avions, du matin au soir, une des plus fortes concentrations de cosplayeurs au mètre carré (sans compter les nombreux cosplayeurs en civil), goûtant la joie de retrouver d'anciennes connaissances ou d'en faire de nouvelles, ou encore de poser devant les objectifs des photographes sur les quelques espaces dédiés mais aussi partout ailleurs et même à l'extérieur. Le bonheur était quasi palpable, à les voir faire des clowneries, sauter de joie ou jouer à cache-cache derrière des bambous.
On ne surprendra personne en affirmant que ces deux journées ont passé bien vite, comme un Noël de rêve dont on gardera précieusement les images en mémoire ou sur un appareil numérique (ou les deux, on n'est jamais trop prudent) en espérant très fort la venue du Noël suivant. Encore merci à Paris Cosplay pour ce beau cadeau !