Dans un contexte économique et boursier morose voire calamiteux, il est réconfortant de constater que Paris Manga a su non seulement garder la cote, mais encore la faire progresser. En effet, après plusieurs années d'une croissance régulière, il semble qu'on arrive à saturation du site qui l'a vu naître et se développer, l'Espace Champerret (Place de la porte Champerret, 75017 Paris), dans les allées duquel piétinait une foule compacte de visiteurs alors même que, pour la première fois, toutes les salles avaient été réquisitionnées.
Alors, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce salon, Paris Manga qu'est-ce que c'est ? On peut dire d'abord que c'est un événement commercial, et cela n'a rien de péjoratif, car beaucoup de gens apprécient ce moyen commode de trouver tout ce qu'ils cherchent dans le grand marché du manga et des produits dérivés dont les nombreuses boutiques occupaient la partie centrale de la grande salle, Manga Connexion, Manga Café, Megapolis, pour n'en citer que quelques-unes.
D'ailleurs, à Paris Manga, on trouve bien plus que du manga : par exemple des boutiques de mode axées sur les courants gothique, punk et autres modes alternatives, comme Doll Parts / Imperatrix ; ou de la décoration, sur le stand Terra Incognita (pierres fines et bijoux de jardin).
Mais la pompe à succès ne fonctionnerait sans doute pas si bien s'il n'y avait pas l'ambiance Paris Manga, cette ambiance conviviale et bon enfant entretenue par les nombreuses activités, gratuites pour la plupart, que proposent des exposants ou des associations : les deux espaces de projection d'animés de Beez et Kaze, du karaoké, des tombolas et des jeux (quiz, quêtes, etc. sur le manga, avec lots à la clé) grâce aux associations SOHEI, BulleJapon, Epitanime, KajiaN, dont les bataillons de bénévoles n'ont pas ménagé leur peine.
On ne pouvait pas faire un pas, pour ainsi dire, sans tomber sur l'un ou l'autre des stands de jeux vidéo éparpillés aux quatre coins du salon, par exemple : les jeux musicaux de l'association ORGAMES (ParaParaParadise, DDR, Guitar Hero...), les bornes d'arcade du magasin Neo Legend, spécialisé dans la vente de bornes d'arcade aux particuliers ; une mention spéciale à l'association Nintendo League, pour son coin Nintendo DS aménagé avec poufs et tables basses, pour des parties 'comme à la maison'.
Plus calmes et traditionnelles, les activités proposées par l'association Sakura Shiroi, initiation à l'origami ou au mizuhiki, ou les parties de Go et de Mah-Jong organisées respectivement par la Fédération Française de Go et la Fédération Française de Mah-Jong.
Les amateurs de dessins n'étaient pas oubliés ; citons entre autres les concours de dessin de l'association Ikkatsu, et pour les plus studieux, le stand d'Eurasiam (école supérieure parisienne proposant un cursus sur les métiers du manga) sur lequel on pouvait voir à l'oeuvre de futurs diplômés et s'informer sur la prochaine opération 'portes ouvertes'. Plusieurs fanzines étaient présents, ainsi que Méluzine, l'association qui recense les fanzines et fait la promotion des jeunes artistes.
Last but not least, Paris Manga, c'est aussi des spectacles, amateurs et professionnels, dont le nombre et la qualité ont encore progressé cette année : le concert du groupe Lamia Cross le samedi, le concert solo de Ryo Fujimura (le leader du groupe AciD FLavoR) le dimanche, présenté par Râmen Events (agence pour la promotion d'artistes japonais en Europe), et le défilé de mode Dragonfleyes dans la catégorie professionnels.
Les spectacles amateurs, organisés par l'association SOHEI, ne sont pas en reste et captivent toujours un très large public, qu'il s'agisse du concours de chant, particulièrement relevé cette année par plusieurs candidat(e)s de talent, ou qu'il s'agisse des concours de cosplay (un par jour, le samedi pour les individuels et le dimanche pour les groupes) dans lesquels la part de joyeux délire le dispute souvent à l'art du costume (merci à Benkei pour son animation un rien déjantée en costume de Stich).
Nous ne finirons pas sans évoquer, en les remerciant, tous les cosplayeurs qui ont fait de leur propre chef le spectacle dans les allées ; le Le Conservatoire du Maquillage, dont les maquilleuses professionnelles ont donné de magnifiques couleurs à nombre de visteurs ; la toute jeune association Objectif Costumes, organisatrice de séances photo à la demande, qui présentait là sa deuxième exposition de photographies de cosplay.
Et comme de coutume, lorsqu'un Paris Manga s'achève, un autre point à l'horizon : rendez-vous donc pour la huitième édition, les 12 et 13 septembre 2009 !