Fidèle à sa tradition, le Salon du Jeu est revenu en ce début d'automne au Parc des Expositions de Versailles pour un onzième long week-end de fête et de jeux. Cette année, l'ouverture du Salon aux univers des loisirs japonais, déjà une réalité depuis les deux éditions précédentes, a été officialisée par l'ajout de l'appellation Manga Days précédente dénomination. La plus large gamme de jeux de toutes tendances dans un esprit d'ouverture caractérise plus que jamais ce salon. La disposition des lieux contribuait à créer l'unité au sein de la diversité : vaste espace carré dans un hall unique, absence de cloisonnements, on passait sans presque s'en apercevoir d'un univers à l'autre, on pouvait participer à une activité tout en ayant vue sur plusieurs ailleurs. Un encouragement à laisser tomber ses oeillères, à prendre réellement en mains son destin de joueur en libérant son imaginaire et son potentiel créatif.
Le cosplay à lui seul pourrait offrir un résumé de cet état d'esprit. Fabriquer son costume de Jessica Rabbit, de Ken ou de Casimir, entrer dans la peau du personnage, jouer son rôle ou lui en faire endosser un nouveau, voilà un jeu qui met sérieusement à l'épreuve les aptitudes créatrices de ses adeptes... et quelquefois les qualités d'improvisation d'un présentateur, par exemple lorsqu'il se trouve entraîné malgré lui dans les délires du Mask ! Sans parler des nerfs du public lorsque des soudards brutaux et impitoyables de l'association Softair of Fortune jettent à terre son idole de toujours, Casimir... Tout cela sous l'oeil amusé mais attentif du jury qui récompensera les meilleurs !
Outre le cosplay, l'association SOHEI organisait sur le podium des animations différents jeux tournant autour de l'univers des manga. L'occasion de tester ses connaissances dans un domaine qui s'est considérablement étendu et diversifié ces dernières années, puisque aujourd'hui, la France est le 2e pays du manga, où il constitue un bon tiers des publications de bandes dessinées. Ce n'est pas AnimeLand, la revue qui nous en apporte si bien les échos mois après mois, qui nous contredira !
Après avoir regardé et s'être instruit (ou avant, ou les deux, comme on veut), on pouvait passer à la pratique sur le stand de MangaPop, l'atelier graphique France / Japon, qui animait en continu des ateliers de dessin où chacun pouvait s'exercer avec les vrais outils des pros, des plus classiques aux plus high-tech. Gros succès auprès des plus jeunes, qui manient très vite avec aisance les tablettes graphiques !
Retour près de l'entrée du salon où Games Workshop, le grand spécialiste des jeux de figurines (Warhammer, Warhammer 40.000, Le Seigneur des Anneaux) exhibait sa dernière maquette, « l’invasion de Barak Var », inspirée de Warhammer : petits et grands pouvaient y rêver devant la majestueuse cité des Nains, attaquée (sauvagement) par des hordes d'Orks et de Gobelins dépenaillés, hurlant et gesticulant sur leurs misérables embarcations primitives. Hélas, en ces temps de restriction budgétaire, même les plus belles choses ont une fin et c'est avec regret qu'on a appris la décision prise par Games Workshop de se séparer de son talentueux maquettiste, David Deabreu.
A l'ouest, du nouveau, avec l'entrée en force du Poker sur le Salon : 400 m2 de tables de jeu, sur les tapis desquelles, inlassablement, pendant des heures et des heures, se sont braqués des centaines de paires d'yeux calculateurs et anxieux, sous l'égide de Docteur Stratagème, le spécialiste français du poker (matériel et cours), et de l'Ecole Française de Poker. Initiation, tournois et exhibitions, l'espace poker ne désemplissait pas, témoin d'un engouement qui saisit la France depuis qu'un certain Patrick Bruel a été sacré champion du monde de la discipline.
Dans le domaine des jeux de cartes à collectionner, on pouvait s'exercer à Yu-Gi-Oh! ou à World of Warcraft, les deux produits phares d'Upper Deck Entertainment, qui proposait aussi un grand tirage au sort, ainsi qu'à Magic: l'assemblée, le grand classique du genre édité par l'américain Wizards of the Coast, spécialiste également des jeux de rôle.
A propos des jeux de rôle, justement, outre la Fédération Française de Jeu de Rôle, qui proposait à l'ombre de son pavillon médiéval une information éclairée sur les multiples facettes de ces jeux dont la France est aujourd'hui le deuxième marché après les Etats-Unis, de nombreux exposants français étaient présents, parmi lesquels : Septième Cercle, qui présentait son dernier né, Capharnaüm : L’héritage des dragons, un jeu d’aventure dans un monde arabisant imaginaire, inspiré entre autres de l'univers des Mille et Une Nuits ; Le Grimoire, qui édite en français le jeu Loup solitaire, en partenariat avec la collection des Livres dont Vous êtes le Héros, de l'éditeur Gallimard Jeunesse (à noter que Le Grimoire compte prochainement enrichir son catalogue d'un jeu inspiré de l'univers manga) ; Kraken Editions, qui présentait Alkemy, un jeu combinant cartes et figurines, et dont plusieurs personnages pittoresques (ici, Jarawa, guerrière khalimane) ont participé au cosplay.
Ce rendez-vous des univers fantastiques était l'occasion de rencontrer des artistes indépendants et néanmoins remarquables, comme l'illustratrice Sandrine Gestin, photographiée avec son dernier opus, 'La Petite Faiseuse ou L'étonnant voyage d'une fée' (Editions Au bord des continents) ou le peintre figuriniste Guillaume Hémery (récompensé par un Golden Demon d'or lors de l'édition 2007 du Games Day).
On n'a pas encore parlé des jeux vidéo, mais ils étaient représentés, quoique bien moins que par le passé, en raison de la rude concurrence d'un nouvel acteur qui s'en est fait une spécialité. Merci donc à Sony pour la présentation en avant-première de son étonnant dernier né (sortie prévue le 24 octobre) : un paquet de cartes, un plateau de jeu et une PS3 munie d'une caméra Eyetoy, c'est 'The Eye of Judgment', sorte de symbiose monstrueusement séduisante entre Magic et Final Fantasy, où les actions des joueurs, analysées par la machine, se transforment à l'écran en bouquets d'effets spéciaux 3D. Merci aussi à Nobilis, le distributeur français du jeu de stratégie monoposte ou multijoueurs Fantasy Wars, pour nous avoir permis de voir se lancer dans une guerre virtuelle un elfe de chair et d'os.
Merci pour finir à tous ceux qui ont rendues possibles ces trois journées de rêve et rendez-vous bientôt (une année passe si vite..) à la 12e édition !